Exile ! LE double album, celui qu'on attend chez tous les grands groupes. Celui qui marque l'histoire chez beaucoup. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent ! Le White Album des Beatles, Physical Graffiti de Led Zeppelin, Blonde On Blonde de Dylan, ... Autant dire que celui des Stones était attendu. A fortiori parce qu'il succédait à l'extraordinaire Sticky Fingers et parce qu'il s'agissait du premier album enregistré en France (pour cause d'exil fiscal).
Les Stones s'exilent donc à Villefranche-Sur-Mer, près de Cannes, et là, dans une villa isolée appartenant à Keith, ils vont enregistrer, dans la défonce et la débauche la plus totale, un album extraordinaire. Certains diront qu'il s'agit du meilleur de tous les temps, d'autres diront qu'il ne vaut pas son prédécesseur. En tous cas, il ne laisse personne indifférent. Pourquoi ? Tout d'abord, parce qu'il est vraiment différent de tous les autres de par son son et le type de morceau joué. Ensuite, parce qu'il ne comporte aucun vrai tube. Tumbling Dice émergera par la suite comme en étant un mais sur le coup, pas de tube (et merde ! disent les radios et les critiques). Enfin, cet album va devenir mythique parce qu'il va être suivi de la plus fulgurante tournée jamais réalisée. Bref, Exile On Main Street, le honni des critiques, est un album mythique. L'Album avec un A majuscule.
Les Stones s'exilent donc à Villefranche-Sur-Mer, près de Cannes, et là, dans une villa isolée appartenant à Keith, ils vont enregistrer, dans la défonce et la débauche la plus totale, un album extraordinaire. Certains diront qu'il s'agit du meilleur de tous les temps, d'autres diront qu'il ne vaut pas son prédécesseur. En tous cas, il ne laisse personne indifférent. Pourquoi ? Tout d'abord, parce qu'il est vraiment différent de tous les autres de par son son et le type de morceau joué. Ensuite, parce qu'il ne comporte aucun vrai tube. Tumbling Dice émergera par la suite comme en étant un mais sur le coup, pas de tube (et merde ! disent les radios et les critiques). Enfin, cet album va devenir mythique parce qu'il va être suivi de la plus fulgurante tournée jamais réalisée. Bref, Exile On Main Street, le honni des critiques, est un album mythique. L'Album avec un A majuscule.
1 - Rocks Off
2 - Rip This Joint
3 - Hip Shake
4 - Casino Boogie
5 - Tumbling Dice
6 - Sweet Virginia
7 - Torn And Frayed
8 - Sweet Black Angel
9 - Loving Cup
10 - Happy
11 - Turd On The Run
12 - Ventilator Blues
13 - Just Wanna See His Face
14 - Let It Loose
15 - All Down The Line
16 - Stop Breaking Down
17 - Shine A Light
18 - Soul Survivor
2 - Rip This Joint
3 - Hip Shake
4 - Casino Boogie
5 - Tumbling Dice
6 - Sweet Virginia
7 - Torn And Frayed
8 - Sweet Black Angel
9 - Loving Cup
10 - Happy
11 - Turd On The Run
12 - Ventilator Blues
13 - Just Wanna See His Face
14 - Let It Loose
15 - All Down The Line
16 - Stop Breaking Down
17 - Shine A Light
18 - Soul Survivor
Mais commençons par le commencement. Face A. Rocks Off. Morceau parfait pour rentrer dans cet album. Riff en intro, son de guitar particulier, puis entrée d'un piano omniprésent. La voix de Jagger est doublée par Richards tout au long du morceau, puis les cuivres et le morceau s'approche du swing parfait. D'entrée ! Petit break avec effet de voix, Jagger en grand forme. Bref, ça swingue. Mais ayons une petite pensée pour le type qui en 1972 découvre ce disque avec Brown Sugar encore dans la tête. Il veut du rock, il n'a qu'un swing, piano et cuivres surplombant le moteur Richards, et merde !!! Enchaîne, Rip This Joint, là aussi ça swingue, Richards au moteur, pompe sur sa guitar,Taylor enchaîne les petites arpèges, rythme endiablé, et là tout d'un coup solo de sax, Mr. Bobby Keys, Jagger reprend, piano entêtant, 2 minutes 20 à fond mais toujours aucun solo de guitar, re-merde ! Hip Shake, changement total de style. Reprise de Slim Harpo avec rythme plus lent couplé Richards/Wyman, batterie minimaliste, quelques riffs discret au sax, Jagger nous chauffe, mini solo de Taylor. Morceau entêtant au rythme de vieille locomotive, conclu par un mini-solo sax/guitar/harmonica. Casino Boogie. Richards joue toujours pareil. Un style difficilement descriptible par des mots. Il pompe, telle la loco précédemment évoquée. Blues lent et acharnée qui décolle sur un solo de sax. Taylor discret derrière. Jagger toujours doublé par Richards. Enfin Taylor est là, solo qui rappelle sa verve à la slide. On commence à vraiment rentrer dans l'album, la piano est toujours aussi entêtant, et puis encore merde ! Déjà la fin de la face !
Vite on retourne le disque, face B, Tumbling Dice ! Morceau extraordinaire bâti dans un faux rythme, choeurs dans le refrain, riff de cuivres sur rythme couplé Richards/Watts. Quand on entend ce morceau, on a l'impression qu'il s'agit d'un 45 tours passé à 33 ! Solo efficace mais court de discret, puis break, les choeurs enchaîne sur le riff de Richards, puis le morceau s'efface lentement. Grand moment mais de sensation d'extase, Exile se livre lentement et délicatement. On ne l'écoute pas, on s'en imprègne. Sweet Virginia, country basé sur la slide acoustique de Taylor et l'harmonica de Jagger et renforcé par le sax de Bobby Keys. Tout ça manifiquement bouclé par une voix de bouseux parfait de Jagger et un solo de sax d'une efficacité sans égale. Torn And Frayed. Typiquement exilien, rythme guitar/batterie, renforcé par quelques arpèges de Taylor, toujours cette voix doublée, ce piano omniprésent, on ajoute cette fois un léger fond d'orgue. Solo de steal guitar. Ballade rock très efficace. Puis dans le genre morceau entêtant, on enchaîne sur Sweet Black Angel. Guitar acoustique, piano, rythme au percus, un harmonica en fond. Et cette voix doublée, cette putain de voix doublée omniprésente. Et si c'était ça le son d'Exile ? Concluons celui-ci par un solo d'harmonica et on peut enchaîner sur Loving Cup. Nouvelle ballade rock (on est à la troisième de suite), intro au piano et voix (doublée bien entendu) puis entrée magnifique de la batterie et des guitars (une acoustique discrète, et une électrique aux arpèges) sur le refrain. Break cuivres et le morceau décolle, frissons, puis nouvelle entrée des cuivres qui tranquillement double le riff alors que les choeurs viennent se greffer la-dessus et conclurent tranquillement la face.
On arrive maintenant au second disque, petite pause, face C et c'est parti ! Happy, morceau chanté par Richards, riff à double guitar, électrique et slide, voix éraillée, Jagger vient doubler (une fois n'est pas coutume) sur le refrain, solo de slide, puis les cuivres s'ajoute au tout et rajoutent une épaisseur de plus. Trois minutes, efficace. Suit Turd On The Run, boogie efficace sur fond de banjo électrique, d'harmonica et d'une batterie terriblement jazzy. Le piano est toujours là, Jagger est extraoridinaire, le morceau s'envole, pas bien haut certes mais décolle quand même. Et là, one more time, merde ! Ventilator Blues, signé par Jagger/Richards/Taylor, vient casser le rythme effréné de ce début de disque. On retrouve la vieille loco de Hip Shake, les cuivres accompagnent, le rythme guitar/piano et la slide de Taylor, ledit Taylor qui pousse son petit solo sur fond de Jagger. Et on continue. Merde, once again, l'inattendu totale, Just Wanna See His Face, une espèce de petit jam, à moitié foireux, sur fond de jérémiades de Jagger, batterie et basse omniprésentes. Petit piano par Keith. Ca fait un peu remplissage mais intro parfait au chef d'oeuvre qui suit. Let It Loose. Ballade superbe. Intro à l'orgue, Jagger magnifique, le piano rentre avec une délicatesse magnifique, la batterie l'imite, Jagger toujours magnifique, les choeurs parfaits, et puis le bidule s'envole : rentrée de cuivres, Jagger nous emballe, encore magnifique, frissons (re) ! Morceau magnifique, ballade parfaite, totalement envoutante. Cinq minutes de pur bonheur.
Ca y est, on a compris Exile, heureusement, il reste la dernière face. On y est donc, face D. Et là nouvelle surprise, le meilleur morceau du disque, All Down The Line. La loco Richards prend un peu de vitesse et rythme la slide de Taylor, Jagger et ses choeurs balancent des "All Down The Line" à tout bout de champ. Les cuivres s'en mêlent, Taylor étale sa classe. Grand moment de rock, le solo de Taylor est juste grand, tout comme le morceau d'ailleurs, et même tout l'album. Stop Breaking Down, reprise de Robert Johnson (la seconde après Love In Vain), calme la loco mais pas la slide de Taylor qui prend à chaque morceau un peu plus de classe. Rock blues parfait, ce morceau est parfaitement mené par Jagger et son harmonica qui vient doubler le solo de slide. On fait tourner la grille et Taylor enchaîne sans aucun problème. Le groupe se paie la classe d'un second couplet et d'un deuxième solo par le maître Taylor qui a bien dû passer la moitié du morceau en solo. Le piano rentre même sur le dernier bout, histoire d'étayer un peu plus le superbe édifice. Arrive Shine A Light, quasi-gospel, avec Jagger en maître sur fond d'orgue et mélodie au piano. Puis le refrain arrive, Taylor rentre magnifique et nous offre un solo frissonifiant ! Les choeurs sont encore là pour remplacer Jagger qui peut nous montrer toute sa classe, nouveau solo piano/guitar. Grand morceau. On arrive enfin à Soul Survivor, dix-huitième et dernier de ce magnifique album. Sorte de Tumbling Dice avec riff de Richards doublé piano et slide de Taylor. Puis break avec gros riff de guitar, choeurs et Jagger éblouissant. Re-couplet, re-break, piano cette fois avant la re-rentrée de Richards, re-guitar, re-choeurs, re-Jagger. Sauf que cette fois-ci, le morceau décolle et Taylor vient nous poser toute sa classe pour conclure le plus grand disque des Stones.
Pour beaucoup, Exile ne se livre pas à la première écoute. Il fait partie de ces albums qui s'apprécient avec le temps. Cependant, on note des caractéristiques qui lui sont propres et qui font sans doute son unicité et sa qualité. Il sonne comme artisanal. Le son n'est pas aussi propre que ceux de ses prédessesseurs. L'omniprésence des cuivres, du piano et le doublage de la voix de Jagger par Richards ou les choeurs lui donne ce caractère très original.
Avec le dernier morceau, on voudrait que l'album continue, il nous laisse sur notre fin, on voudrait d'autres morceaux comme ceux contenus ici. Heureusement, il y a un bouton magnifique, c'est le bouton Play et ...
Face A. Rocks Off. Morceau parfait pour rentrer dans cet album. Riff en intro, son de guitar particulier, puis entrée d'un piano omniprésent...