Exile On Main Street (1972)

Exile On Main Street (1972)
Exile ! LE double album, celui qu'on attend chez tous les grands groupes. Celui qui marque l'histoire chez beaucoup. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent ! Le White Album des Beatles, Physical Graffiti de Led Zeppelin, Blonde On Blonde de Dylan, ... Autant dire que celui des Stones était attendu. A fortiori parce qu'il succédait à l'extraordinaire Sticky Fingers et parce qu'il s'agissait du premier album enregistré en France (pour cause d'exil fiscal).

Les
Stones s'exilent donc à Villefranche-Sur-Mer, près de Cannes, et là, dans une villa isolée appartenant à Keith, ils vont enregistrer, dans la défonce et la débauche la plus totale, un album extraordinaire. Certains diront qu'il s'agit du meilleur de tous les temps, d'autres diront qu'il ne vaut pas son prédécesseur. En tous cas, il ne laisse personne indifférent. Pourquoi ? Tout d'abord, parce qu'il est vraiment différent de tous les autres de par son son et le type de morceau joué. Ensuite, parce qu'il ne comporte aucun vrai tube. Tumbling Dice émergera par la suite comme en étant un mais sur le coup, pas de tube (et merde ! disent les radios et les critiques). Enfin, cet album va devenir mythique parce qu'il va être suivi de la plus fulgurante tournée jamais réalisée. Bref, Exile On Main Street, le honni des critiques, est un album mythique. L'Album avec un A majuscule.

1 - Rocks Off
2 - Rip This Joint
3 - Hip Shake
4 - Casino Boogie

5 - Tumbling Dice
6 - Sweet Virginia
7 - Torn And Frayed
8 - Sweet Black Angel
9 - Loving Cup


10 - Happy
11 - Turd On The Run
12 - Ventilator Blues
13 - Just Wanna See His Face
14 - Let It Loose

15 - All Down The Line
16 - Stop Breaking Down
17 - Shine A Light
18 - Soul Survivor


Mais commençons par le commencement. Face A. Rocks Off. Morceau parfait pour rentrer dans cet album. Riff en intro, son de guitar particulier, puis entrée d'un piano omniprésent. La voix de Jagger est doublée par Richards tout au long du morceau, puis les cuivres et le morceau s'approche du swing parfait. D'entrée ! Petit break avec effet de voix, Jagger en grand forme. Bref, ça swingue. Mais ayons une petite pensée pour le type qui en 1972 découvre ce disque avec Brown Sugar encore dans la tête. Il veut du rock, il n'a qu'un swing, piano et cuivres surplombant le moteur Richards, et merde !!! Enchaîne, Rip This Joint, là aussi ça swingue, Richards au moteur, pompe sur sa guitar,Taylor enchaîne les petites arpèges, rythme endiablé, et là tout d'un coup solo de sax, Mr. Bobby Keys, Jagger reprend, piano entêtant, 2 minutes 20 à fond mais toujours aucun solo de guitar, re-merde ! Hip Shake, changement total de style. Reprise de Slim Harpo avec rythme plus lent couplé Richards/Wyman, batterie minimaliste, quelques riffs discret au sax, Jagger nous chauffe, mini solo de Taylor. Morceau entêtant au rythme de vieille locomotive, conclu par un mini-solo sax/guitar/harmonica. Casino Boogie. Richards joue toujours pareil. Un style difficilement descriptible par des mots. Il pompe, telle la loco précédemment évoquée. Blues lent et acharnée qui décolle sur un solo de sax. Taylor discret derrière. Jagger toujours doublé par Richards. Enfin Taylor est là, solo qui rappelle sa verve à la slide. On commence à vraiment rentrer dans l'album, la piano est toujours aussi entêtant, et puis encore merde ! Déjà la fin de la face !

Vite on re
tourne le disque, face B, Tumbling Dice ! Morceau extraordinaire bâti dans un faux rythme, choeurs dans le refrain, riff de cuivres sur rythme couplé Richards/Watts. Quand on entend ce morceau, on a l'impression qu'il s'agit d'un 45 tours passé à 33 ! Solo efficace mais court de discret, puis break, les choeurs enchaîne sur le riff de Richards, puis le morceau s'efface lentement. Grand moment mais de sensation d'extase, Exile se livre lentement et délicatement. On ne l'écoute pas, on s'en imprègne. Sweet Virginia, country basé sur la slide acoustique de Taylor et l'harmonica de Jagger et renforcé par le sax de Bobby Keys. Tout ça manifiquement bouclé par une voix de bouseux parfait de Jagger et un solo de sax d'une efficacité sans égale. Torn And Frayed. Typiquement exilien, rythme guitar/batterie, renforcé par quelques arpèges de Taylor, toujours cette voix doublée, ce piano omniprésent, on ajoute cette fois un léger fond d'orgue. Solo de steal guitar. Ballade rock très efficace. Puis dans le genre morceau entêtant, on enchaîne sur Sweet Black Angel. Guitar acoustique, piano, rythme au percus, un harmonica en fond. Et cette voix doublée, cette putain de voix doublée omniprésente. Et si c'était ça le son d'Exile ? Concluons celui-ci par un solo d'harmonica et on peut enchaîner sur Loving Cup. Nouvelle ballade rock (on est à la troisième de suite), intro au piano et voix (doublée bien entendu) puis entrée magnifique de la batterie et des guitars (une acoustique discrète, et une électrique aux arpèges) sur le refrain. Break cuivres et le morceau décolle, frissons, puis nouvelle entrée des cuivres qui tranquillement double le riff alors que les choeurs viennent se greffer la-dessus et conclurent tranquillement la face.

O
n arrive maintenant au second disque, petite pause, face C et c'est parti ! Happy, morceau chanté par Richards, riff à double guitar, électrique et slide, voix éraillée, Jagger vient doubler (une fois n'est pas coutume) sur le refrain, solo de slide, puis les cuivres s'ajoute au tout et rajoutent une épaisseur de plus. Trois minutes, efficace. Suit Turd On The Run, boogie efficace sur fond de banjo électrique, d'harmonica et d'une batterie terriblement jazzy. Le piano est toujours là, Jagger est extraoridinaire, le morceau s'envole, pas bien haut certes mais décolle quand même. Et là, one more time, merde ! Ventilator Blues, signé par Jagger/Richards/Taylor, vient casser le rythme effréné de ce début de disque. On retrouve la vieille loco de Hip Shake, les cuivres accompagnent, le rythme guitar/piano et la slide de Taylor, ledit Taylor qui pousse son petit solo sur fond de Jagger. Et on continue. Merde, once again, l'inattendu totale, Just Wanna See His Face, une espèce de petit jam, à moitié foireux, sur fond de jérémiades de Jagger, batterie et basse omniprésentes. Petit piano par Keith. Ca fait un peu remplissage mais intro parfait au chef d'oeuvre qui suit. Let It Loose. Ballade superbe. Intro à l'orgue, Jagger magnifique, le piano rentre avec une délicatesse magnifique, la batterie l'imite, Jagger toujours magnifique, les choeurs parfaits, et puis le bidule s'envole : rentrée de cuivres, Jagger nous emballe, encore magnifique, frissons (re) ! Morceau magnifique, ballade parfaite, totalement envoutante. Cinq minutes de pur bonheur.

Ca y
est, on a compris Exile, heureusement, il reste la dernière face. On y est donc, face D. Et là nouvelle surprise, le meilleur morceau du disque, All Down The Line. La loco Richards prend un peu de vitesse et rythme la slide de Taylor, Jagger et ses choeurs balancent des "All Down The Line" à tout bout de champ. Les cuivres s'en mêlent, Taylor étale sa classe. Grand moment de rock, le solo de Taylor est juste grand, tout comme le morceau d'ailleurs, et même tout l'album. Stop Breaking Down, reprise de Robert Johnson (la seconde après Love In Vain), calme la loco mais pas la slide de Taylor qui prend à chaque morceau un peu plus de classe. Rock blues parfait, ce morceau est parfaitement mené par Jagger et son harmonica qui vient doubler le solo de slide. On fait tourner la grille et Taylor enchaîne sans aucun problème. Le groupe se paie la classe d'un second couplet et d'un deuxième solo par le maître Taylor qui a bien dû passer la moitié du morceau en solo. Le piano rentre même sur le dernier bout, histoire d'étayer un peu plus le superbe édifice. Arrive Shine A Light, quasi-gospel, avec Jagger en maître sur fond d'orgue et mélodie au piano. Puis le refrain arrive, Taylor rentre magnifique et nous offre un solo frissonifiant ! Les choeurs sont encore là pour remplacer Jagger qui peut nous montrer toute sa classe, nouveau solo piano/guitar. Grand morceau. On arrive enfin à Soul Survivor, dix-huitième et dernier de ce magnifique album. Sorte de Tumbling Dice avec riff de Richards doubpiano et slide de Taylor. Puis break avec gros riff de guitar, choeurs et Jagger éblouissant. Re-couplet, re-break, piano cette fois avant la re-rentrée de Richards, re-guitar, re-choeurs, re-Jagger. Sauf que cette fois-ci, le morceau décolle et Taylor vient nous poser toute sa classe pour conclure le plus grand disque des Stones.

P
our beaucoup, Exile ne se livre pas à la première écoute. Il fait partie de ces albums qui s'apprécient avec le temps. Cependant, on note des caractéristiques qui lui sont propres et qui font sans doute son unicité et sa qualité. Il sonne comme artisanal. Le son n'est pas aussi propre que ceux de ses prédessesseurs. L'omniprésence des cuivres, du piano et le doublage de la voix de Jagger par Richards ou les choeurs lui donne ce caractère très original.

Avec le dernier morceau, on voudrait que l'album continue, il nous laisse sur notre fin, on voudrait d'autres morceaux comme ceux contenus ici. Heureusement, il y a un bouton magnifique, c'est le bouton Play et ...
Face A. Rocks Off. Morceau parfait pour rentrer dans cet album. Riff en intro, son de guitar particulier, puis entrée d'un piano omniprésent...

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# Posté le vendredi 11 juillet 2008 19:59

Don't mess with Keith Richards !

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# Posté le vendredi 27 juin 2008 17:34

Great Shows (Part 2)

Great Shows (Part 2)
Deuxième partie de la série sur les concerts des Stones avec l'arrivée du nouveau guitariste Ronnie jusqu'à la tournée du renouveau 1989-1990.

May 1, 1975 : New York City, 5th Avenue
Le 1er mai 1975, après 2 ans sans concerts, les Stones réapparaissent en présentant leur nouveau guitariste, Ronnie, et leur nouvelle tournée Tour Of The Americas. Et quoi de mieux pour cela que de descendre la 5ème avenue en plein New York pour un bon coup de pub. Sur le toit d'un camion et sur fond de Brown Sugar, les Stones donnent une des leurs performances les plus mythiques.


July 11, 1975 : Inglewood Forum, Los Angeles
Le meilleur concert de la tournée 75 selon les fans. Il fait l'unanimité comme tel alors...


August 21, 1976 : Kenbworth Festival, UK
Le premier festival depuis Altamont ! Les Stones concluent ainsi leur tournée européenne 76. Ce concert est aussi le plus long de l'histoire du groupe (30 morceaux) et la seule et unique performance de Country Honk, version country de Honky Tonk Women. Cependant, la performance du groupe reste moyenne comparée à celles de Lynyrd Skynyrd et du J.Geils Band qui assuraient les premières parties.


March 4/5, 1977 : Mocambo Club, Toronto, Canada
Alors que pendant la tournée 75-76, les Stones ne jouaient que dans des grandes salles ou des stades, ils choisissent un club pour enregistrer la face C de leur album live à venir. "The Mocambo Side" comme elle sera surnommée contient quatre joyaux absolus qui témoignent de la qualité d'un concert et d'une setlist exceptionnelle.


June 14, 1978 : Passaic, New Jersey
Le meilleur boot de la tournée US 78, comprenant entre autres Let It Rock et Sweet Little Sixteen, reprise de Chuck Berry. Très rock à l'image de Some Girls, cette tournée reste un grand moment de l'histoire live des Stones.


April 22, 1979 : Oshawa, Canada
Le procès de Keith Richards pour possession de drogues s'est conclu sur le compromis suivant : le guitariste phare des Stones était libéré si le groupe accepté de donner 2 concerts caritatif en faveur d'une association de soutien aux aveugles. C'est chose faite ce 22 avril, deux concerts identiques de dix titres précédés par le groupe de Keith, les New Barbarians.


September 25/26, 1981 : JFK Stadium, Philadelphie
Ce concert, le plus long de tournée US 81, avec 27 titres est un exemple représentatif de cette tournée entre stades géants et arenas gigantesques. Les Stones rentrent dans l'industrie du spectacle et dans les années 80 d'une manière plutot délicate sous fond de tensions Mick/Keith.


February 13, 1986 : 100 Club, London
Concert privé donné pour la mort de Ian Stuwart, pinaiste historique du groupe. Des invités célèbres (Jeff Beck, Eric Clapton, ...) pour un concert de 11 titres dont aucun signé Jagger/Richards.


August 12, 1989 : Toad's Place, Newhaven, USA
L'évènement ! Le premier concert public des Stones en 7 ans ! Ce concert en club sert de répétition à la tournée Steel Wheels sur le point de commencer !


December 19, 1989 : Atlantic City, USA
A partir de leur retour en 1989, les Stones vont consacrer un concert exceptionnel par tournée à la diffusion télévisée. Celui de la tournée 1989-1990 se passe au Convention Center d'Atlantic City et voit les Stones produire Salt Of The Earth avec les Guns'n'Roses, Little Red Rooster avec Eric Clapton et Boogie Chillen avec Clapton et John Lee Hooker. Si cette tournée est fortement estimée chez certains fans, elle me laisse plutot froid notament à cause du son du groupe à cette époque.



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# Posté le mercredi 25 juin 2008 17:35

Modifié le vendredi 27 juin 2008 18:08

Great shows (Part 1)

Great shows (Part 1)
L'histoire des Stones, groupe live par excellence est marquée par des dates de concerts exceptionnels ou particuliers par leur contexte, leur setlist, leur qualité. En voici quelques uns :

July 12, 1962 : Marquee Club, London
Le premier concert de groupe, Charlie et Bill ne l'ont pas encore rejoint. Dix-huit chansons dont Down The Road Apiece ou Confessin' The Blues. A partir de cette date, le groupe va tourner quasiment sans s'arrêter jusqu'en enchaînant plus de 1000 concerts.


December 11, 1968 : Rock And Roll Circus, London
La dernière apparition de Brian Jones avec les Stones se fait pendant le tournage du Rock And Roll Circus, émission télé qui attendra jusqu'en 1996 pour faire surface, le groupe n'étant pas satisfait de sa performance.


July 5, 1969 : Hyde Park, London
Le premier concert avec Mick Taylor se fait devant plus de 400 000 personnes rassemblées à Hyde Park. Il intervient aussi le lendemain de la mort de Brian Jones, d'où l'oraison funèbre proposée par Jagger au public. Chaleur torride, guitars désaccordées. Un concert extraordinaire.


August 27/28, 1969 : Madison Square Garden, New York City
Filmé pour le documentaire Gimme Shelter, ce concert montre la qualité de groupe durant cette tournée


December 6, 1969 : Altamont Speedway, Livermore, California
Par le désastre qui s'y produisit, le dernier concert de la tournée 69 reste exceptionnel. Point central du film Gimme Shelter, on y sent une atmosphère lourde, pesante. Joué devant 400 000 personnes, c'est le dernier festival des Stones avant 1976.


March 13, 1971 : Leeds University
Pour la qualité du spectacle proposé, très bon bootleg en circulation.


March 26, 1971 : Marquee Club, London
Les Stones de retour au Marquee pour conclure la tournée d'adieu à la Grande-Bretagne. Concert exceptionnel.


La tournée 1972-1973
Pour sa qualité exceptionnelle de musique, de défonce, en gros de rock and roll !
Mentions pour :
June 24, 1972 : Fort Worth, Texas (grand bootleg)
July 26, 1972 : Madison Square Garden, NYC (le meilleur de la tournée US 72, le jour de l'anniversaire de Jagger)
January 18,1973 : Inglewood Forum, LA (concert caritatif pour le tremblement de terre au Nicaragua)
February 26/27, 1973 : Sydney (grand bootleg)
October 17/18, 1973 : Brussels (pour conclure la tournée Europe 73, un des concerts avec Mick Taylor, il y apparaît d'allieurs au sommet de son art. Disponible sur BBC6.
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# Posté le mardi 24 juin 2008 19:42

Modifié le vendredi 27 juin 2008 18:10

Goat's Head Soup (1973)

Goat's Head Soup (1973)
1 - Dancing With Mr.D
2 - 100 Years Ago
3 - Coming Down Again
4 - Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker)
5 - Angie

6 - Sliver Train
7 - Hide Your Love
8 - Winter
9 - Can You Hear The Music
10 - Star Star


Une pochette pleine de bon goût, un seul disque, dix morceau, Goat's Head Soup a toutes les caractéristiques pour être inférieur à son prédécesseur, l'exquis Exile On Main Street. Et en effet ... Jimmy Miller parti, les Stones en tournée, cet album semble ne pas avoir atteint sa maturité, malgré certains très grand morceaux, le groupe est désormais sur la pente descendante.

L'al
bum s'ouvre pourtant sur le troublant Dancing With Mr.D. De nouveau, les Stones retrouvent la relation diabolique (Mr. D., The Goat en anglais signifie le bouc autre symbole du diable). Riff enlaçant, Taylor rayonnant, refrain accrocheur, le morceau est un grand mais restera à jamais un trésor caché, joué seulement pendant la tournée 73 en Europe. Suit 100 Years Ago. Autre hidden gem (comme disent les Britons), ce joyau caché est dans la lignée du la lignée de Dancing ... et connaît plutôt le même sort. Ce morceau est pourtant plus rock avec son solo taylorien à souhait. Cependant on s'aperçoit rapidement que Goat's Head Soup à un son à lui, le clavier de Billy Preston jouant presque devant la guitar de Keith pendant que Taylor s'élance des solos à la résonnance unique. Egalement pas de gros riff sur cet album, tous les morceaux ayant plutot une façade de ballade rock, étrange album. Coming Down Again suit. Chanté par Keith, cette magnifique ballade nous régale du piano de Nicky Hopkins et la wah-wah de Taylor omniprésent sur cet album. Vient enfin le solo de sax de Mr. Bobby Keys. Ensuite, Doo Doo Doo Doo, plus connue sous le nom de Heartbreaker, ce rock s'inscrit dans la lignée de l'album, riff doublé clavier/guitar puis ici cuivres, wah-wah de Taylor, on ajoutera les choeurs au refrain, et on tremblera encore une fois au son du solo de Taylor. Puis la face A se conclue par le seul tube du disque mais qui sera à l'époque et encore aujourd'hui un tube interplanétaire. Je veux parler de Angie. Le slow stonien par excellence, guitar sèche, violons, Jagger à la baguette, solo de piano, je t'enlace, tu m'enlances, émotion, bisous-bisous, fin de la chanson. Combien de couples se sont-ils enlacés et embrassés sur celle-ci ? Des milliers sans doute, des millions peut-être. Elle demeure néanmoins un des morceaux les plus faibles de l'album.

On tourn
e le disque, et on tombe sur Silver Train, la face B du single Angie. Rock stonien par excellence, avançant telle la bonne vieille locomotive à vapeur traversant les USA, l'harmonica sifflant à travers les collines, la slide glissant le long des rails (de coke, déjà pour Keith). Grand morceau néanmoins. Hide Your Love, autre caricature de boogie stonien, on croirait entendre les Faces. Là encore, la slide de Taylor fait son boulot, épaulant Jagger à la perfection. On arrive maintenant dans le ventre creux de l'album (de manière totalement subjective). Winter, taylorerie préfigurant le Time Waits For No One de l'année suivante, ballade mièvreuse sur les bords mais qui réussit quand même (heureusement !) sur fond de violons "Moonlight Milesques". Can You Hear The Music, autre ballade miévreuse sur les bords mais qui foire voire oublie carrément son décollage. Ce ne sont en effet ni les effetsde guitar foireux ni le flutiau en fond sui rattraperont le tout. Taylor sui avanit jusque-là tenu l'album à bout de médiator est trop loin dans le mix. Manqué, dommage. On finit sur Star Star, rock presque "Chuck Berrien" au regard désabusé et aux paroles vachardes sur le monde des stars et son entourage. Grand morceau. On se fendra même d'un solo de Keith, bien trop rare sur cet album.

G
oat's Head Soup n'arrive en effet pas à la hauteur de son prédécesseur et marque le début de la fin des Golden Years des Stones. Il demeure néanmoins un effort solide au son particulier et recellant quelques perles plutôt bien caché. On regrettera cependant une face B trop faible pour que cet album deviennent un grand.

# Posté le mardi 24 juin 2008 19:25

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 20:03